Prix de l'immobilier 2020
06Oct

Prix de l’immobilier 2020 : une bulle périlleuse

Une bulle immobilière prête à éclater

Faire confiance à la pierre n’est plus une évidence. Le cabinet ACDEFI (Aux Commandes de l’Économie et de la Finance), publie une étude qui pointe du doigt les prix de l’immobilier 2020.

Les prix de l’immobilier 2020 en question

Selon le cabinet conseil ACDEFI (Aux Commandes de l’Économie et de la Finance), 2020 présage la fin de la bulle immobilière. Tous les facteurs sont présents et l’analyse est claire : les prix devraient baisser de 20% en moyenne.

Qu’est-ce qu’une bulle immobilière ?

Investir dans la pierre est le premier réflexe des particuliers ; c’est aussi la valeur refuge par excellence. Mais lorsque tous les critères nécessaires à la création d’une bulle sont réunis, la garantie associée au patrimoine immobilier s’émiette. En effet, on dit qu’une bulle immobilière se forme quand un décalage se produit entre les prix du marché et la valeur réelle des biens. Suivant l’étude publiée par ACDEFI, on note que ce phénomène n’est pas récent. Il a systématiquement provoqué un krach ou une baisse assez importante des valeurs.

Par conséquent, l’envol récent des prix dans les grandes villes dont Paris, Bordeaux, Lyon ou Rennes pourrait le confirmer : une bulle immobilière plane sur l’Hexagone pour 2020 et 2021.

Une valorisation immobilière surélevée

Les chiffres avancés par l’ACDEFI ne font pas bon ménage avec les prix de l’immobilier en 2020. Ils mettent en lumière une forte contradiction entre le niveau des prix et le PIB (Produit Intérieur Brut). Ce décalage atteint un ratio de 1,7, chiffre identique à celui ayant précédé le krach immobilier de 1991. L’indice de prix de l’habitat confronté au revenu moyen par ménage est édifiant. Sur une base de 1,1 considérée comme idéale, on constate une hausse constante depuis 2017, passant de 1,53 à 1,58 pour atteindre, selon les villes, un ratio de 2,68 (Paris) à 2,69 (Lyon).

Si, en Province, les prix de l’immobilier sont encore considérés comme « normaux », le fait demeure que la bulle immobilière se construit grâce aux grandes cités et se renforce exagérément au fil du temps.

Demande en baisse et offre en augmentation

Propriétaires d’une résidence principale ou investisseur immobilier, les conséquences de l’éclatement d’une bulle immobilière sont identiques. Leurs répercussions bouleversent le marché immobilier et changent les règles.

Le crédit immobilier pas cher mis en cause

Les statistiques évoquent nettement un état des lieux antérieur à la crise économique engendrée par la Covid-19. Mais, si celle-ci se poursuit, elle creusera l’écart entre prix réel et prix du marché. Or, une augmentation du prix de l’immobilier en 2020 n’est avantageuse que suivie par celle des revenus des particuliers. À défaut, elle devient dangereuse et ferme l’accès à la propriété des ménages qui n’en ont plus les moyens. En cause : le crédit immobilier dont les taux d’intérêts sont historiquement bas. Ils cachent un durcissement des conditions d’accès et un taux d’endettement record :

  • 1992 : 53% ;
  • 2000 : 56% ;
  • 2020 : 101,5%.

Encouragés par les déficits publics et une hausse de la dette publique consécutive à la crise sanitaire, les taux pourraient grimper. Il ne resterait plus alors aux ménages fragilisés qu’à vendre leur bien, parfois à perte, afin de rembourser leur dette.

Les investisseurs bientôt à la peine

Les investisseurs immobiliers sont aussi touchés. Outre le retour de mesures gouvernementales dissuasives telles que l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), la situation les inquiète. Les locaux professionnels et commerciaux très prisés des investisseurs et fonds d’investissements vont perdre leurs locataires. Entre chômage et généralisation du télétravail, les entreprises feront l’économie d’un bail. Faute de locataires, les investisseurs se verront contraints de vendre pour rembourser leur emprunt ou entrer dans leurs frais. L’offre va s’accroître d’autant plus qu’une autre évidence entre en jeu.

L’INSEE prévoit une hausse du nombre de décès avec la génération du babyboom. Sans compter sur une Covid-19 qui peut précocement emporter les acteurs du papyboom, on prévoit une moyenne de 630.000 décès par an sur les dix prochaines années (contre 570.000/an depuis 2010). L’offre de logements va donc mathématiquement s’accroître. Mais, à toute chose, malheur est bon : ACDEFI conclut que si toutes les conditions d’un éclatement de bulle immobilière sont réunies, cela pourrait bien assainir le marché immobilier.

Vous aimez cet article ? Suivez-nous sur les réseaux sociaux !

ABOUT THE AUTHOR

David Devila