Logement social 2020
28Oct

Le logement social 2020 et Action Logement

Les surprenants résultats du géant du HLM

En pleine crise, l’État doit financer le logement social 2020. Leader du secteur, Action Logement sera, une fois de plus, mis à contribution.

Le logement social 2020 en question

L’organisme Action Logement a publié ses résultats pour la première fois en 2018. Sa bonne santé financière a d’emblée séduit et interrogé : quelle recette secrète peut générer ces chiffres ?

Action logement, une gestion paritaire réussie

Créée sous le dispositif « 1% Logement » en 1953, association loi 1901, Action Logement est le résultat d’une fusion. Réunissant l’UESL (Union d’Économie Sociale du Logement) et les CIL (Comités Interprofessionnels pour le Logement) sous une seule identité, l’organisme se divise en trois grandes marques :

  • Action Logement ;
  • Action Logement Services ;
  • Action Logement Immobilier.

Financé en partie par une taxe prélevée auprès des entreprises, le groupe est sous administration paritaire. Le patronat et les syndicats de salariés sont majoritaires mais doivent composer avec les administrateurs de L’État. En 2018, Action Logement publie pour la première fois ses chiffres officiels et s’impose définitivement comme le géant des HLM (Habitat à Loyer Modéré) avec 83 milliards d’euros d’actifs.

Une santé financière jalousée

Avec un bénéfice net de 1,4 milliards d’euros, le logement social en 2020 ne s’est jamais aussi bien porté. Action logement affiche cette année une trésorerie de quelques 9 milliards d’euros répartis ainsi :

  • 5,9 milliards pour Action Logement Services ;
  • 2,4 milliards d’euros pour Action Logement Immobilier ;
  • 0,7 milliards pour sa filiale Association Foncière Logement.

Bruno Arcadipane, président du conseil d’administration, attribue cette réussite à la gestion paritaire ainsi qu’à une réforme interne engagée dès 2019. Investir cet « argent qui dort », améliorer le logement des salariés et mettre fin au mal logement, les projets ne manquent pas :

  • Rénovations (25.200 en 2019) ;
  • Construction de logements neufs (plus de 40.000 programmés en 2019) ;
  • Renfort de l’aide à la mobilité ;
  • Emprunt sur les marchés pour son plan d’investissement immobilier.

Ce patrimoine évalué à plus d’un million de logements locatifs rappelle que le géant du logement social 2020 sert aussi de caisse à la politique du logement en France.

La mission d’investissement locatif 2020

Initialement investi par l’État d’une mission d’accès au logement à tous les locataires, l’organisme finance régulièrement le budget des gouvernements. Mais les récentes polémiques mettent à mal le financement immobilier 2020.

Une polémique récente

Les résultats d’Action Logement ne semblent pas pâtir des ponctions annuelles opérées par les gouvernements successifs. Sous couvert d’un soutien à la politique sociale, notamment aux APL (Aides Personnalisées au Logement), l’État utiliserait Action Logement comme caisse de secours. Le torchon brûle néanmoins au vu de la dernière polémique.

Début juin 2020, Action Logement annonçait le remplacement de son directeur général, Bruno Arbouet, par Koumaran Pajaniradja. Déjà à la tête de la marque Action Logement Immobilier, ce dernier était également un proche du cabinet ministériel de Julien Denormandie. Cette position favorable auprès de l’ancien ministre du logement n’a guère soutenu le candidat. Les administrateurs de l’État ont en effet contesté le montant des indemnités de départ de Mr Arbouet ainsi que le choix de son successeur. En réponse, Mr Arbouet est resté en place.

Un financement immobilier 2020 mis à mal

Les dirigeants du groupe HLM annoncent un partenariat qui demeure « engagé, loyal et respectueux » avec l’État, dans le cadre du marché de l’immobilier en France. Bruno Arbouet renchérit également sur l’importance des missions vouées au logement social en 2020. Début 2020, le gouvernement a diminué le montant des économies demandées au secteur HLM. En retour, le manque à gagner calculé à hauteur de 300.000 millions annuels devait être compensé par Action Logement.

Mais la rentrée est difficile et le gouvernement envisage plutôt de prélever 1 milliard d’euros pour son budget 2021. Action Logement renonce donc au versement des 300.000 euros prévus et met à mal la politique d’investissement locatif 2020 dans ce secteur. Il n’en fallait pas moins pour qu’Emmanuelle Wargon, nouvelle ministre du Logement, annonce son souhait de réformer la gouvernance de l’organisme. Le patronat comme les syndicats y voient une tentative de main mise d’un État exsangue.

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David Devila