Immeubles de bureaux une crise durable
28Juil

Immeubles de bureaux : une crise durable ?

L’immobilier d’entreprise doit se renouveler

Les conséquences du confinement touchent, et de façon inédite, l’immobilier destiné au secteur tertiaire. Le modèle même de l’entreprise envisage de profonds changements : l’adaptabilité paraît donc indispensable.

En 2020, crise pour l’immobilier d’entreprise

Forcées à l’arrêt d’une partie de leurs activités, les entreprises ont basculé vers de nouvelles habitudes de travail. Ce travail à la maison a, en quelques mois, initié une autre vision et de nouveaux besoins en matière de locaux professionnels.

Le télétravail : source d’une évolution nécessaire ?

Il y a peu, le télétravail éveillait la méfiance chez une large partie des employeurs. Manque de confiance, souci de productivité et doutes sur la capacité de travailler en équipe, étaient les arguments privilégiés en réponse aux demandes de leurs salariés. Mais le travail à distance s’est révélé une planche de salut efficace. L’expérience a prouvé son utilité : elle intéresse désormais nombre de structures, des plus modestes aux plus grandes. Pourquoi payer des loyers conséquents s’il est possible de se passer de bureaux ? Ces économies envisageables concordent avec la volonté des salariés de conserver, dans une moindre mesure, cette alternative de travail quotidien.

Un marché immobilier en perte de vitesse

Le marché de la location de bureaux accuse une perte conséquente. Le récent bilan dressé par Immostat, le groupement d’intérêt économique créé par les principaux acteurs de l’immobilier, fait état d’une baisse de 65% en région parisienne. Les entreprises ont stoppé net leur projet immobilier. La rentrée 2020 sera décisive et permettra de déterminer si la tendance d’une dématérialisation du travail, par un planning incluant des heures en télétravail, se confirme. Parallèlement, les investisseurs ont instauré une veille prudente. Bien que considérant toujours la solidité du marché comme une réalité, les incertitudes économiques les engagent à un attentisme prudent.

Un renouvellement pour les immeubles de bureaux ?

Le bouleversement pointait déjà le bout de son nez depuis l’apparition du coworking. Cette combinaison d’un espace de travail partagé et d’actifs solidarisés par l’esprit d’entreprendre mêlé d’entraide suscitait l’attention des acteurs du marché qui pensaient déjà s’en inspirer.

L’inspiration du coworking

L’essor des start-up et autres auto-entreprises nourrissait l’offre immobilière de locaux d’un autre genre depuis quelques années. Ces nouvelles formes juridiques d’entreprenariat ont fait germer une autre vision du travail. De nombreuses entreprises demeuraient ancrées dans un fonctionnement traditionnel développé depuis les années 50. Pourtant, ces aventuriers proposaient une autre vision et prouvaient qu’elle était source de réussite. Réunies dans des immeubles de coworking aux conditions de location assouplies, aux environnements atypiques, elles montraient qu’un autre contexte était possible. Leur secret réside dans un espace personnel dédié au travail lié à des lieux d’animations diverses pour une émulation professionnelle et socioprofessionnelle active.

Le bureau comme critère d’embauche

Afin de mieux convaincre les entreprises comme leurs salariés de l’intérêt de travailler au sein de locaux, il sera nécessaire de repenser l’immeuble de bureau. La crise née du confinement a engendré de nouvelles habitudes fructueuses qui tendent à perdurer à moins que l’offre n’évolue. Des nouveaux besoins impliquent une réponse efficace. Si les grands acteurs du secteur n’envisagent pas le télétravail comme une tendance majoritaire, ils reconnaissent que des bureaux vides sont sans valeur. Ils envisagent désormais que l’environnement bureautique devienne un critère sélectif tant pour un futur salarié que pour une grande enseigne. Les caractéristiques telles que la géolocalisation devront intégrer des animations séduisantes : espaces d’échanges, de partage, de détente, de sport, de garde d’enfants, etc.

ABOUT THE AUTHOR

David Devila