02Août

Coworking ou l’immobilier de bureaux

Le coworking se généralise dans tous les pays

Les espaces de coworking séduisaient déjà le secteur, avant la crise sanitaire de 2020. Après le confinement et le succès du télétravail, l’immobilier de bureaux 2020 doit-il muter vers cet autre modèle ?

L’espace de coworking : télétravail et confort

En quelques années, ce modèle venu des États-Unis a conquis le marché français. Ces immeubles de bureaux d’un autre genre, prioritairement destinés à un public précis, séduit même les grands groupes internationaux.

Un espace dédié aux entrepreneurs

L’idée d’un espace de vie professionnelle accessible aux auto-entrepreneurs comme aux petites structures a de quoi plaire. En dépit d’un surcoût moyen de 15%, ces lieux faits pour travailler dans un cadre plus sérieux que son salon, offrent plusieurs avantages. Le matériel coûteux est mutualisé par l’ensemble des occupants et mis à disposition sans restriction. Les services sont au rendez-vous et exemptent les locataires des soucis pratiques du quotidien. Les interactions entre entrepreneurs et équipes entretiennent également une entraide, une émulation collective et permettant donc de réseauter efficacement. En coworking, tout est fait pour faciliter la vie du travailleur.

Un travail à distance cadré

Œuvrer seul à domicile peut générer nombre de problèmes récemment rencontrés par les salariés soudainement convertis au télétravail. Manque de praticité, soucis de concentration dans un espace de vie partagé, conflits avec ses enfants, son conjoint, etc. Avoir la possibilité de cloisonner travail à distance et vie privée reste une des conditions soulevées par les employés prêts à poursuivre l’aventure post-confinement. Un espace de coworking permet de garder un cadre professionnel d’activité pour une productivité assurée et une stricte séparation entre vie privée et vie professionnelle. Enfin, le lien social étant important pour de nombreux salariés, le fait de se rendre dans un lieu partagé respectant les nouvelles normes sanitaires demeure important.

Succès contrasté dans l’immobilier de bureaux

Malgré la réussite de leaders dans le secteur, le coworking n’est pas une solution optimale. Entre surcoûts et conditions de locations flexibles, cet immobilier de bureaux pourrait ne pas perdurer.

La crise immobilière 2020 malmène le coworking

Bien que certaines têtes d’affiche telles que WeWork gardent confiance en leur modèle, le coworking endure les retombées de la crise. Encouragés par la réglementation assouplie d’un préavis de 30 jours, près de 15% des locataires n’ont pas renouvelé leur abonnement au sortir du confinement. Or, le secteur rappelle qu’il faut un remplissage d’au moins 85% pour rentabiliser un tel espace. Il est certain que nombre d’entrepreneurs ont décidé de faire des économies en attendant une période plus clémente. Les plus durement touchées sont les structures indépendantes des poids lourds du marché, les « tiers-lieux ». Souvent associatives, elles sont installées loin des centres d’affaires et s’adressent à un public local. Ces fablabs et friches culturelles estiment leur perte de chiffre d’affaire à 111,5 millions d’euros en 2020.

Solution pour une généralisation du télétravail ?

Néanmoins, les géants de cet immobilier d’entreprise novateur envisagent les conséquences de la crise sanitaire avec optimisme. Une autre façon de travailler était déjà en marche et les difficultés rencontrées par les grandes entreprises abondent en ce sens. Pour conjuguer une politique d’économies couplée à la demande salariale d’un télétravail dans de bonnes conditions, l’espace de coworking pourrait être une solution. Les aménagements situés près des quartiers d’affaires peuvent tirer leur épingle du jeu. Certains meneurs comme l’enseigne IWG envisagent déjà une implantation dans des villes moyennes situées à 100km des métropoles. De quoi adhérer aux tendances pour un meilleur cadre de vie.

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David Devila